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1950-1960 : New York est la capitale artistique du monde. Artistes côtoient poètes, compositeurs et danseurs dans une effervescence créatrice semblable à celle du Paris début de siècle. Au cœur de la ville et de cette communauté d’artistes, le poète Frank O’Hara devient l’Apollinaire américain. Conservateur au Musée d’art moderne, il parcourt les rues de New York chaque jour à l’heure du déjeuner. Il en tire les Poèmes déjeuner, écrits sur le pouce, en vitesse, entre deux rendez-vous. Ils vous feront faire le tour de la ville, mais une ville personnelle, aussi exacte qu’elle est imaginaire : des adresses précises, l’Empire State Building et les Nations Unies, mais aussi, souvent, des rêves et souvenirs où l’on croise Billie Holiday le temps d’une dernière chanson, Pasternak en robe de chambre, Lana Turner qui s’évanouit et Errol Flynn à la poursuite de nazis. New York, chez Frank O’Hara, est une ville « à emporter », à découvrir à pied, dans le métro ou dans un taxi, toujours en mouvement, sur le vif.
FRANK O’HARA (1926-1966), associé à l’École de New York, est l’un des plus grands poètes américains du 20e siècle. Publié sous le titre Lunch Poems en 1964, Poèmes déjeuner a fait date dans l’histoire littéraire américaine : un langage poétique nouveau naissait, énergique et réfléchi, drôle et mélancolique, léger et grave. C’est le premier livre de Frank O’Hara traduit en français. -
Avertissement au lecteur : « Rien ne se passe / de la façon / que l’on croit » dans Le Grand Quelque Chose de Ron Padgett. Le livre dont le titre est une variation sur Le Grand Sommeil offre autant de surprises et de rebondissements que le polar de Raymond Chandler, dans un univers poétique parallèle. Pourtant pas de vieux général, pas de jeunes femmes délurées ni de dangereux malfrats dans ces pages. Mais une invitation, lancée au lecteur, à devenir un privé d’un nouveau genre : quel est le point commun entre les étonnants personnages qui se promènent dans le monde de Ron Padgett ? Entre Tom et Jerry qui passent leur bac, Pierre Reverdy qui remonte la rue de Rennes manuscrit sous le bras, Woody Woodpecker adulé, Tarzan dans le collimateur et Guillaume Apollinaire feu follet?
On découvre dans ces poèmes d’étonnants indices, comme les pin-up dénudées du calendrier de Jean-Paul Sartre, un guide du savoir vivre du pivert, de bons baisers de Dalmatie. On s’étonne du mystère de la poussière qui tourne, on observe un dîner frappé par la foudre, on repère un grand hamburger qui pilote un avion. Dans la poésie de Ron Padgett, « boîte de nuit imaginaire » avec la faune de ses habitués, on peut apprendre comment commencer sa propre civilisation. On peut aussi regretter les amis disparus au son idiot d’un chien qui aboie. On peut apprendre, tout simplement, à « profiter de tout / une heure de plus ».
Auteur de nombreux livres de poésie, grand traducteur de poésie française (Cendrars, Apollinaire, Reverdy), Ron Padgett est né dans l'état d'Oklahoma en 1942. Associé à l’école de New York, Ron Padgett a collaboré avec de nombreux écrivains et artistes (Joe Brainard, Bertrand Dorny, Alex Katz, George Schneeman, Trevor Winkfield, Jim Dine). Il partage son temps entre New York et Calais (Vermont).
traduit de l'anglais (Etats-Unis)
par Olivier Brossard
postface et notes d'Olivier Brossard
illustration de couverture : George Scneeman
Format : 15 x 20 cm
111 pages
Isbn 9782848091426
15 € -
Françoise Quardon est née à Nantes en 1961 ; elle vit et travaille au Pré-Saint-Gervais. Ses œuvres sont hybrides, entre le dessin, le récit, la sculpture et l’installation. Depuis une quinzaine d’années, l’artiste a développé une esthétique raffinée du bricolage qui mêle objets de récupération, photographie, mobilier, vidéo, bandes-sons, tissus et textes. Puisant aussi bien dans la littérature, la philosophie, le cinéma, la vie personnelle de l’artiste et l’Histoire, les oeuvres intègrent à part entière le matériau du langage, qui intervient parmi les composantes formelles comme une sorte de voix intérieure, incantation secrète ou réminiscence du tourment. Bien qu’assez immédiates dans leur impact plastique, émotif et poétique, les pièces de Françoise Quardon se dérobent à une lecture linéaire. Entre le conte de fées dans ce qu'il a d'enchanteur et de terrifiant et le fantasmagorique, l'univers de Françoise Quardon relève d'un mystère, d'une “inquiétante étrangeté”, du familier à déchiffrer.
monographie bilingue
(français / anglais)
21 x 26 cm,
270 pages en couleur,
ISBN : 978-2-84809-113-6 -
Clotilde Mélisse est écrivaine. Elle pratique l’autofiction, le terrorisme, le baiser de la sorcière et ses recherches en laboratoire. Dans les deux aventures présentées ici, elle est confrontée à sa responsabilité d’auteur. Responsabilité non pas face à ses lecteurs, mais face à ses personnages. Ainsi Charlie revient avec ses exigences, Anaïs lui reproche son statut de démiurge ; migraine et serrements de cœur.
Commandées par France Culture, ces deux pièces ont été réalisées par Alexandre Plank en 2009 et 2010. Dans le diptyque radiophonique, Clotilde Mélisse a la voix d’Anouk Grinberg.
Chloé Delaume est écrivain et performeuse. Elle est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont récemment, Dans ma maison sous terre (Seuil, collection Fiction & Cie, 2009), et Éden matin midi et soir (Joca Seria, 2009).
Illustrations de François Alary
Format : 15 x 20 cm
111 pages
Isbn 9782848091402
12 €